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ERDF veut créer à Lyon un démonstrateur de réseau intelligent d’électricité

Le nouveau compteur d’électricité « intelligent » Linky a été l’objet de nombreuses critiques : ses ondes pourraient être dangereuses, son coût serait prohibitif pour le particulier, etc. Des critiques que ERDF, la société de distribution d’électricité, estime pour leur quasi-totalité infondées. L’expérimentation de Linky qui s’est déroulée sur 155 000 compteurs à Lyon et dans l’Ouest lyonnais n’a provoqué que 0,7 % de réclamations. Ce qui laisse le champ libre à Commission de Régulation de l’Energie qui cet été donnera probablement son feu vert à une extension de Linky sur tout le territoire national, soit 35 millions de compteurs à changer, d’ici 2018 ! Mieux, ERDF propose d’installer à Lyon, avec un consortium, un démonstrateur de réseau intelligent d’électricité. Un investissement de 30 à 40 millions d’euros.

ERDF Rhône-Alpes Bourgogne, société issue d’une scission d’EDF, chargée désormais de la distribution d’électricité s’est retrouvée l’année dernière avec une charge supplémentaire : expérimenter Linky.

Sous ce joli nom à consonance anglo-saxonne se cache le nouveau compteur électrique intelligent. Pourquoi « intelligent » ? Car il communique lui-même les données de la consommation d’électricité et ne nécessite donc plus le déplacement d’un agent pour contrôler la consommation des particuliers. Mieux, à l’avenir, son intelligence est destinée à se développer et permettre, selon ses concepteurs, une bien meilleure gestion des consommations, favorable à l’environnement. Ce que dans la langue de Shakespeare, encore, on surnomme le « smart-grid », ces réseaux intelligents qui grâce à l’informatique permettront par exemple de développer la production décentralisée d’électricité (éolienne, photovoltaïque) ou de mieux réguler le fonctionnement des grosses centrales, tout en intégrant les nouveaux usages, tels que la voiture électrique.

« Opération réussie » : c’est en substance ce que Jacques Longuet, directeur d’ERDF Rhône-Alpes Bourgogne assure en évoquant l’expérimentation de Linky sur 155 000 clients de quatre arrondissements lyonnais et de onze communes de l’ouest lyonnais tout au long de l’année 2010. « Ces compteurs ont été raccordés et communiquent bien. Ils permettent de réaliser à distance des modifications de contrats et la relève des compteurs», se félicite Jacques Longuet.

Et d’en arborer la preuve : un taux de réclamations de 0,7 %. Pour lui, le buzz négatif qui a entouré l’expérimentation de Linky à Lyon tient aux critiques qui s’exercent toujours face à une innovation qui bouscule les habitudes. Et de préciser : « Non, Linky n’émet pas d’ondes mauvaises, non, Linky ne prend pas feu ; mais oui, Linky ne coûte rien à l’usager… » « En revanche-ajoute-t-il- il y aura un grand avantage pour ce même usager : toutes les factures seront calculées sur la base de la consommation réelle et non plus d’estimations. »

Le chemin est désormais balisé. Résultat de l’expérimentation en main, La Commission de Régulation de l’Energie (CRE), l’autorité administrative indépendante chargée de ce secteur, doit rendre son verdict cet été pour décider ou non de développer le compteur intelligent dans toute la France. La réponse sera sans doute positive, au vu de ce résultat. Il s’agirait alors, d’ici 2018 de changer 35 millions de compteurs dans l’Hexagone…

Surfant sur ce qu’il estime être un succès, le directeur régional d’ERDF veut aller plus loin. Son équipe a répondu à un appel à manifestation d’intérêt de l’Ademe (*) visant à installer un démonstrateur de smart-grid à Lyon et à Grenoble, baptisé « Greenlys ». Pour ce faire, un consortium a été mis en place : il rassemble Schneider Electric, l’INP-Grenoble, GdF-Suez, ainsi que GEG (Gaz et Electricité de Grenoble, réseau de distribution). « Nous gérerons 500 compteurs à Lyon et Grenoble. L’objectif est de mettre en évidence la création de valeurs que peut procurer l’usage des réseaux intelligents d’électricité », précise Jacques Longuet.

Ce qui devrait permettre ensuite de développer de nouveaux services à partir de ces réseaux. Soit un investissement global de 30 à 40 millions d’euros. Installé à la Part-Dieu à Lyon, siège du futur centre de supervision, ce démonstrateur aurait l’avantage de bien positionner Lyon et Rhône-Alpes au cœur des nouvelles technologies d’une électricité un peu plus verte car mieux adaptée à notre environnement, avec d’importantes retombées économiques à la clef.

Photo (DR) : Le nouveau compteur Linky, plus petit, mais aussi plus intelligent.